Seb a écrit:
C'est je pense le plus beau métier du monde.
Ça pourrait.
Je trouve mon métier passionnant, mais ça devient pesant de devoir répondre à des injonctions contradictoires qui te font te dire que tu ne fais pas taf comme il faut.
Cela devient également pesant de finir épuisé tous les soirs à avoir une vigilance constante, à tenir la classe, à supporter le bruit et l'agitation, qui arrive à un point assez hallucinant. J'ai un CM1-CM2 cette année avec 26 élèves. 15 n'ont pas un niveau CE1 en lecture, une dizaine ne sait pas poser une soustraction avec retenue et n'ont rien compris à la multiplication. Retrouver un verbe est au-dessus de leurs forces. Il y a 5 dyslexiques, 2 dyscalculiques, 3 TDAH dont 2 sous cachetons, un élève qui hurle tous les matins car il ne veut pas quitter sa maman, on le traîne de force pour le faire rentrer. J'ajoute ceux abreuvés d'écrans qui ont la concentration d'un chaton de 3 mois, celui qui se mutile avec ses ciseaux quand il est stressé, et celui qui s'allonge sur se table en pleurant et qui ne veut pas travailler. Vient se greffer par dessus les AESH qui sont au bout du rouleau et qu'il faut ménager... Et on me demande d'adapter les apprentissages pour que tout ce petit monde progresse dans l'exigence et la bienveillance. Ah, oui j'oubliais, j'ai aussi un déficient visuel et il faut lui fournir le travail en braille (à donner deux semaines en avance à un organisme).
Heureusement que ce n'est pas ma première année sur ce niveau, sinon j'aurais été coulé. C'est malheureusement la réalité du métier aujourd'hui, on dirait parfois un sketch...
Pour la petit histoire, un midi j'ai cru que je faisais un AVC, nuque et cervicales bloquées, troubles de la vison... J'ai passé la nuit aux urgences sur un brancard avec 150 autres personnes. Au final fausse alerte, je vais bien, c'est juste le corps qui a lâché après une matinée particulièrement éprouvante.