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 Sujet du message: Re: Fuzzine. Les inédits.
MessagePosté: Lun 19 Juin 2017 à 19:25 
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Ah oui Selby ! J’ai tenté de lire Last Exil To Brooklyn ! Pas eu la force d’aller jusqu’au bout !

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 Sujet du message: Re: Fuzzine. Les inédits.
MessagePosté: Mer 21 Juin 2017 à 08:37 
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Fuzzine. Turid Lundqvist. Titre «????».

En admettant que galérer à commencer un papier soit un signe prémonitoire de non sens , alors celui ci s'annonce gratiné. Six mois que tourne cette compilation Stars And Angels Songs 1971-1975, 180 jours pour trouver le bout de ficelle qui dépasse. Et comprendre (un peu) où Turid Lundqvist (artiste suédoise) veut en venir. Avec sa façon crispante de suggérer des pistes, puis de tirer le tapis sous vos pieds, quand vous commencez à y voir clair. Musique bizarre pour saison énervante. Il fait chaud et cette voix inclassable déroule dans le vide. Comme si elle avait définitivement décidé d'étouffer la moindre forme de raisonnement concret. A la manière de Bjork ? Tiens, c'est vrai. Sauf que la mère Turid faisait ça il y a quarante cinq ans. Et, autant que je sache, a toujours échappé aux radars encyclopédiques. Si vous possédez les pressages originaux de Vittras Visor (1971) Bilder (1973) et Tredje Dagen (1975) on va vous regarder autrement dans la rue. Les flics auront des consignes du ministère de la santé, grand malade ne pas tabasser tout de suite. Enregistrés pour un label nommé Silence, ces choses sont des pièces de musée (rayon déjante, travée des miracles sonores) à en juger par ce que j'en connais. Prenez le premier Portishead, trempez le dans on ne sait trop quel bouillon de sorcière, et attendez. Comment ça les arrangements sont minces ? Erreur, squelettiques plutôt. Et comme tout les bouts d'os qui dépassent, horriblement pointus et dangereux. Aveugles surement pas, mais très faux jetons. La première chanson s'appelle Song (c'est original) et raconte une histoire de fleurs dans les cheveux (aux abris !!) . Archétype de la façon Turid d’appâter le client. Démarrage en douceur, et évolution vers une sorte de cathédrale sonore zarbi. D'où l' on ressort rincé, pensif, et passablement changé. Les vocaux en guirlande ont ce charme fou, d'une hypnose massive, dont on sait qu'il faudra émerger un jour. De la musique de femmes, les gars. Mais si ce truc qui tatoue votre coté mâle, et fait qu'on va s'assoir pour respirer mieux. Pas de l'allumage de radasse à un comptoir, attention. Un genre de séduction tordue et inédite, tellement puissante qu'elle inspire la méfiance. Merde c'est quoi ce piège ? Les gamins haussent les épaules (petits cons) mais les hommes savent quel langage on leur parle. Enchainons avec Nyckelabanepigevisa (si si) qui en fait encore moins pour accrocher. Sorte de ballade folk inerte et minimaliste, agonisant avant qu'on ait eu le temps de s'en approcher. Façon beau rêve qui claque dans les doigts, et laisse des regrets. Going To Prison, j'aime moins déjà, une harangue venimeuse à base de guimbarde (allons bon). Et c'est la qu'on rigole, les quatorze autres titres respectent MINUTIEUSEMENT cette foutue dualité. A ce moment précis, votre copine passe et se demande pourquoi vous avez l'air tellement concentré devant ce disque si chiant. Elle est partie ? Tant mieux, allez lui expliquez le sortilège qui émane de Turid Lundqvist sans vous faire traiter de malade pervers. J'ai essayé ce disque à midi, quand le soleil tape au maximum, impossible de tenir longtemps en suant aussi de l'intérieur. Penser qu'on a peut être déjà croisé ce genre de nana au mercure, et qu'on l'a laissé échapper. A trois heures du matin, les choses sont plus faciles. Largement sur les genoux, totalement esclave du non rasage, le canapé abrite une carcasse dérivant dans un monde de velours. Dormir ? Ce serait une solution, avec l' espèce de berceuse qu'est Tintomara. J'ignore totalement de quoi parle ce rébus entre la voix, la contrebasse et des chants d'oiseaux. Pour achever le massacre émotionnel, c'est enchainé avec Lât Mig Se Dig, une courte errance à la force de trépan. Au nom de mon appartenance à la race des mecs (qui pigent avec dix ans de retard) je proteste. On a pas le droit de casser du bonhomme de cette façon sophistiqué et sauvage à la fois. De livrer du macho exsangue et brisé à un monde d’indifférence. Rangez vos couilles, vous êtes en pleine zone vulnérabilité. Turid a un jour inventé les chansons à vous faire divorcer, disponibles en vente libre. Devrait tout de même être interdit aux moins de dix huit ans, qui croient que toutes les femmes sont des salopes. Savent pas, ces boutonneux, ce qu'est une comète. Allez, à la douche.

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 Sujet du message: Re: Fuzzine. Les inédits.
MessagePosté: Mer 21 Juin 2017 à 08:39 
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Fuzzine. Label/Neo psyche. Xotic Mind. Titre « Le tout c'est d'y croire ».


L'autre jour, je suis rentré dans le bureau en braillant. Façon Boutin qui se ferait peloter dans le métro (faut être con, aussi) le matin très tôt (avec ceux qui bossent, quoi). Un dingue (russe) venait de mettre en ligne (gratuitement) TOUS les albums de Xotic Mind. Si si. Gros succès dans l'assistance, Des tronches longues comme le casier judiciaire de Balkany. Reprenons du début, Xotic Mind, label suédois de petite envergure. Qui, pendant une partie des années 90, a été un cauchemar permanent. Avec ses productions limitées, distribuées pire qu'au compte goutte. Son idée (grandiose) de ce que doit être un bon groupe psyché/prog, et ses superbes pochettes (toujours un bel insert). Juste pour vous donner une idée de leur tournure d'esprit, ils ont été jusqu'à sortir un vinyle des anglais décavés de Wicked Lady. Complet, avec une radasse vêtue seulement d'une Gibson SG, en guise d'image de marque. N'hésitant pas, à bousiller à coups de marteau leur belle unité conceptuelle. Pour mettre en lumière un rock décharné. Pissant l'huile de cargo et la graisse de cachalot, comme personne depuis Third World War. Donc, je fracasse la porte blindé (faut bien résister aux admiratrices (qui viennent nous faire signer leurs strings humides) de Fuzzine. A peine le service de sécurité (Lou en personne) m'est il tombé dessus, que j'exhibe mes trouvailles du jour. Et le monde se met (enfin) à tourner rond. Attention, tous ces disques sont vraiment durs à trouver, quoique moins chers qu'à une époque. Nonobstant, c'est pas le genre de galettes qu'on dégotte à Pticonville, un dimanche matin de chine. Si vous tenez absolument à faire BCBG, vous êtes sur la mauvaise route. On pas du passer le concours HEC, dans la cambuse.


Stefan Kéry. Consecration (1995). Surement pas un hasard si la pochette est archi pompé sur celle de Red Weather, le premier Leigh Stephens solo. Une chose à bien anticiper avec les productions Xotic Mind, c'est l'espace requis, une fois lancé. La pièce se remplit d'une charge positive, les cons sont jetés à la rue. Belle musique irresponsable et pas vraiment pressé d'en finir. De la guitare à la tonne, pour faire oublier les vocaux faiblards. Festin de grand requin blanc, pas question d'en sortir intact. Quand la spiritualité prend le relais, fondamentalement, il est possible de devenir un alien en déphasage permanent. Un peu (vous me voyez venir) ce que les Pink Fairies étaient capables de faire, sur des tempos lents genre Heavenly Mind. Trouver le point G de votre cerveau, et le stimuler sans relâche. Comme si un maniaque tripotait le mélangeur de la douche. En fin de compte, l'objet est tonique, mais pas toujours évident à précéder. Périple électrique évitant le trip « power-trio-Janvier-1972 » comme la peste. Un morceau de vingt minutes, bien larguer les amarres, et une courte conclusion étonnante, qui ferait baver Incredible String Band d'envie. Si c'est pas une marque infaillible, je me fais sportif.


S.T Mikael. Visions Of A Trespasser (1989)/Claustromania, The Unknow (1990)/Psychocosmic Songs (1994)/Soul Flower (1996).

De loin, le plus créatif du lot, et celui dont les disques sont les plus rares. Fier représentant d'une école « libre penseur » en ce sens qu'il part, génialement, dans tous les sens. Vous le croyez la, il est déjà barré ailleurs. Progressif comme Matching Mole ou King Crimson, on est d'accord. Lunatique surdoué. Autiste volontaire qui passe sans se retourner devant les grands magasins. Si vous êtes un tant soit peu borné, vous allez souffrir. Souvent une base folk, lardé d'une énorme saturation. Quelque chose comme le rejeton de Pentangle et de Steppenwolf. Qui vire (allez savoir pourquoi) d'un coup au funk Hendrixien. Bon, à force de prendre son monde à contresens, le gonze est déroutant.



Mais il ne nous les brise jamais gratuitement (coucou Genesis). VRP d'un petit univers soyeux, plein de couleurs et de formes intéressantes. Son plus grand talent reste cette façon de susciter la curiosité. On veut savoir jusqu'où il est capable d'aller. Attention, voyager si longtemps à pareil régime crée des dépendances. A noter qu'il produit toujours des albums, ici et la. Qui sont à éviter absolument, tant il semble avoir rejoint les démons (l'épouvantable hard symphonico merdique) qu'il combattait si fort.


Word Of Life. Further Ahead (1992). Les plus déjantés du lot (cf Space Fucking). Le premier titre est une parodie de Back Door Man, avec un mangeur de champignons-qui-font-rire dans le rôle du dealer. La partie d'harmonica (les vicieux) est minutieuse, juste le temps d'avoir peur. Quand un Moloch se met à nous cracher du souffre en pleine figure. Avec le multiforme Blown Away, on a encore droit au coup du toboggan fou. Si mes oreilles sont fiables, le riff de base ressemble fortement à celui de Let There Be More Light.. Leur devise «scotchons les tous ». Au besoin en ridiculisant Carlos Santana (le grandiose Can You Feel It). Avec guitare triturée, percussions made in Woodstock, et feeling latin à tous les étages. Qui mute, sans prévenir, en labyrinthe Kraut, et déplace les fondations de la baraque. Rien que du bonheur. Ne serait ce que pour l'orgue, totalement essoufflé, comme venant de courir devant les CRS, lors d'une manif non autorisé. L'essentiel étant qu'ils sachent où ils en sont (le groupe, pas les flics). Belle habileté à garder le contrôle, sur un morceau consistant, pour l'essentiel, en un duo flute archi défoncé/congas raide pétés. Avec fréquence de rotation inquiétante et tension minimale. Le tout arrosé d'une vieille tendance à voir des socialistes roses (la c'est grave). Word Of Life a sorti un autre album, mais il tellement réputé mauvais que j'ai préféré faire l'impasse.


Adam Axelzon. Eura (1993). Welcome Back ! (1995). Nanti d'un nom à coucher dehors, je vous présente l’ascète de ce contingent, déclaré P4 d'entrée. Celui pour qui la planimétrie est plus qu'un mode d'expression, un réflexe, une source de vie. Le premier album ne précise même pas de titres pour les chansons. Et l'autre s'en tire avec des slogans situationnistes, du genre Le Voyage ou Fais Gaffe. Pour le plan com', c'est largement loupé. Si votre approche est néo-libérale, voici une grosse feignasse qui roupille parmi des plans gouteux. Incapable de faire le trottoir, ou de mettre une cravate pour attirer le micheton. Au bureau, c'est le genre de carte de visite qu'on préfère. Se laisser prendre au (fourbe) coté «amateur éclairé ». Qui étouffe son monde comme un anaconda. Panoplie de sons vicieux. Douceâtres. Pomme empoisonné. Trimballant des airs de vieux hippie largué. Que vous devriez mieux regarder avant de faire la sieste à porté de sa main. Ce que le gars Adam est capable (crime bien prémédité) de faire à votre cerveau avec une variation sur les deux accords de Beck's Bolero est aussi inhumain que farouchement hédoniste. Conseillé pour tous les maux. Bon, vous avez loupé le bus de 7 heures du matin, et il est midi. Vu la gueule de vos collègues de turbin, votre arrivée par la fenêtre du boss est la dernière. La bonne parole échappe toujours aux béotiens.

Entheogens. The Gnostic Mass (1995).

Juste histoire de BIEN situer, celui ci est un petit bœuf entre tous les membres des groupes précités. Si j'ai tout pigé, un entheogen est « la substance chimique qui induit un changement psychologique ou physiologique ». Passez moi un bouquin de Burroughs, ça ira plus vite. Quand au gnosticisme (me voilà expliquant des idées de curé, faut tout savoir faire ici) c'est un système de pensée selon lequel «les humains sont des âmes divines, emprisonnés par des dieux mauvais ». Pour résumer, ils avaient du tirer sur le bambou comme des mulets. Et après les sessions (appelons ça comme ça ) miraculeusement, quelqu'un à trouvé la bande. L'a écouté. Puis s'est dit que le meilleur des Cosmic Jokers vivrait toujours. Et, bon zig, en fait profiter les autres. Qu'est ce que je fais collé au plafond ? Aucune idée, mais c'est la qu'on est le mieux.

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 Sujet du message: Re: Fuzzine. Les inédits.
MessagePosté: Mer 21 Juin 2017 à 11:14 
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Ptain j'en connait aucun :shock:


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 Sujet du message: Re: Fuzzine. Les inédits.
MessagePosté: Ven 23 Juin 2017 à 08:37 
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Tu vas pas faire un gros score ici, alors.

:mrgreen:



Fuzzine. Garage/Freakbeat. Titre «M'man, je joue dans un groupe qui fait du boucan ».


Quatre gonzes dans un garage, lattant des riffs.

Ils enregistreront (peut être) un 45 tours. Avant de se trouver un job d'éboueur.

Dégoutés par les tournées minables, et la versatilité du public. C'est la base même du rock. Naturellement, on ne compte plus les anthologies et autres compilations archéologiques. De mémoire, j'ai beaucoup aimé Bury My Body et New Mexico Punk From The 60's, pour les USA. Et un excellent souvenir me reste des Perfumed Garden et autres English Freakbeat. Des perles inusables, à la pelle. Le CV minimum requis chez Fuzzine.

https://www.youtube.com/watch?v=cCQ11vwgcYE

https://www.youtube.com/watch?v=9eCDCwkeFLc

https://www.youtube.com/watch?v=TGJXehlEqwQ


Bon pour faire le djeun's, c'est pas idéal. Justement, vient de sortir (le réservoir semble infini) une énième anthologie du genre (Beat Freak. RareAnd Obscure British Beat 1964-1968). Bien sur, il faut tamiser longtemps pour trouver de l'or. Avertissement, si vous aimez les losers, l'indigestion guette. Pretty Things, Them, Q65, tous les grands classiques du genre, sont des bourgeois/nantis à coté de la bande de bras cassés ici réunis. Même le chauffeur du camion de matos de Led Zep a du approcher la gloire de plus prés. Pas difficile, non plus, quand on se retrouve face à des gus comme les Moquettes (si si) ou Fifth Column. Une seconde de silence pour apprécier la profondeur de champ. Bien pour ça que (pour une fois) je vais me permettre un petit titre à titre. Bien braquer le projecteur la scène obscure. Sacré taf, mais passionnant. J'ai mis un maximum de liens.


Fingers Lee And The Upper Hands. Midnight Race. (1967).

https://www.youtube.com/watch?v=MJrXTok7n5s

Voui, vous l'avez reconnu, c'est bien Freddie «Fingers » Lee, pianiste timbré des Savages de Lord Sutch (avec son Altesse caractérielle Richie Blackmore). Le barge qui faisait le poirier sur son clavier, avec un casque enflammé. Associé aux illustres inconnus de Upper Hands, il a sorti deux singles, dont celui ci (disponible en pressage belge français, allemand et japonnais, bonne chance). C'est du brutal, la fuzz en avant. Le riff se fait tabasser pire que par des CRS bourrés. Avec quelque chose de maléfique, qui sera plagié (tiens donc) par Deep Purple, entre autres. Excellent chanteur au débit robotique. Peu (ou pas du tout) de solo au sens Pagien du terme. Secouant. Cote dans les 300 euros.

Sons Of Fred. I'll Be There.

https://www.youtube.com/watch?v=IXOlO2vmqA0





(1965). De vieilles connaissances. Les Ramones du lot, plus rapide c'est impossible. Massacrent tout sur un accord et demi. Comment ils trouvent le temps de gérer les vocaux (très au point) et d'insuffler un coté jazzy, je suis bien en peine de vous répondre. D’après les (excellentes) notes de pochette, la maison de disques les exhortait à faire plus commercial. Autant pisser dans un violon. Au moment ou je rédige ce papier, une copie du single est à vendre pour 700 euros sur Ebay. Strictement in-dansable. Pogotable, à la limite.


The Habits. I Need You (1966).

https://www.youtube.com/watch?v=eHRCV4Y ... tml5=False

Basse fuzz bien grasse en intro. Ce qui est rare pour l'époque (cf plus bas). Structure fracassé, la recette du métal est déjà la. Le chanteur a du inspirer deux ou trois plans à Robert Plant. Dommage que le guitariste soit si limité, ses solos touchent juste mais visent bas. C'est produit par Spencer Davis et Stevie Winwood. Semble être resté totalement obscure. Le son du lien est dégueulasse, comme pour souligner l'excellent travail réalisé sur l'ensemble de la compilation.

The Deejays. What'cha Tryin' To Do. (1966).

https://www.youtube.com/watch?v=ARN4RXYVcjo

Ah, des gros riffs menaçants. Leur truc, ce sont les vocaux hyper mâles/voix androgynes, préfigurant les ricains glauques de Morgen (!!!). Faites confiance au guitariste pour en rajouter une tonne. Le batteur cogne aussi fort que Keith Moon. Mine de rien, la cuisine s'alourdit et se rapproche de la lobotomie électrique. Évidemment, pour concurrencer les gens civilisés, on pouvait trouver mieux rasé. Tel que, on achète les yeux fermés. Le titre ouvre leur rare premier album, sorti uniquement en Suède (ben voyons). Si vous avez le temps (et les moyens) il existe un EP français.

Ian And The Zodiacs. Na Na Na Na. (1966).

https://www.youtube.com/watch?v=FhiyfVF ... tml5=False


Se sont pas grattés deux heures pour le titre. Sinon, voici les vrais pros du lot. Formés en 1958, ils ont à leur compte toutes les galères réglementaires des tournées allemandes. Pays ou ils ont enregistrés trois albums, plus deux autres (reprises des Beatles) sous le nom de KoppyKats. Le riff d'intro accroche bien, c'est après que la confiture se révèle trop sucré, pour mon goût. Pas simple à localiser, apparemment, mais pas encore ruineux.


Casey Jones And The Governor. All You Wanna Do (1966).

https://www.youtube.com/watch?v=v_ytemS ... tml5=False


Un des premiers groupes de Clapton, avant les Yardbirds (c'est pas franchement d'hier). Bon titre remuant, qui peine un peu dans les montées, tout de même.


Le psychédélisme se glisse tout doucement dans le paysage, mais on on voit encore les racines. Vocalement intéressant, avec un bon travail sur les couplets. Le gros défaut (comme beaucoup ici) c'est l’absence frappante d'une basse FRANCHEMENT mordante. L'agression s'en trouve forcément limité. C'est tiré de leur second album allemand. Les originaux semblent pouvoir toujours se trouver à pas cher.


Roger Young. No Address. (1966).

https://www.youtube.com/watch?v=7ByMMe5 ... tml5=False


Et voici déjà le temps des faiseurs. Derrière ce superbe titre psyché-hanté, se cache un certain Roger Fennings, qui a mangé un peu à n'importe quel râtelier. On lui doit même la pochette de l'album de Tomorrow. Les deux ou trois singles sortis par le bonhomme sont extrêmement rares. Majestueux et hyper bien fichu, c'est le genre de morceau incapable de vieillir. Le clavier hanté resservira souvent, dans la concurrence. Quoi Procol Harum ? Oui, mais pas que.



The Moquettes. You Came Along. (1964).

https://www.youtube.com/watch?v=6q0wuM5 ... tml5=False


Avec un nom pareil, impossible de les cacher sous le tapis (j'allais pas la laisser passer, celle la). Ce qui fait beaucoup moins rire, c'est le nom du producteur. Mickie Most a bossé avec les Animals, le premier Jeff Beck Group, et ruiné la fin de carrière des Yardbirds. Obsédé par les charts, on peut le considérer comme un marchand de soupe. Malgré la présence d'une flute guillerette, ce titre est néanmoins excellent, avec de chouettes vocaux . Ressemble (pour peu qu'on s'y penche) à la recette de Over Under Sideways Down. Pas le genre de galettes qui court les rues.

The Hinge. You'd Better Go Home. (1968).

https://www.youtube.com/watch?v=mCiKmv2 ... tml5=False


(1968). Simple et direct (ce qui ne veut pas dire on-fait-n'importe-quoi). Très pro, avec une belle partie d'orgue, et un guitariste compétent. Pas encore un gros méchant, au niveau du prix. Vocalement balaise, le gars est convulsif et s'arrache le gosier façon Mick Patto/Roger Chapman.

The Chasers. She's Gone Away. (1966).

Excellent, tout ce qu'on demande à une chanson de cette compilation. Très Smoke, à mes oreilles. Le guitariste a fini par épouser Suzie Quatro, ce qui indique un manque de chance certain. Votre banquier ne vous ouvrira pas le crédit nécessaire, pour acquérir un original. L'enfoiré.

The Jensens. Marguerite. (1968).

https://www.youtube.com/watch?v=vFkyyoa50r8

Facilement le titre le plus faible entendu ici. On jurerait une maquette des Who, qui rabâcherait le même accord, dans une ambiance soit disant festive. Jetable.

Fifth Column. There's Nobody Here. (1966).

https://www.youtube.com/watch?v=zPHLs2_ ... tml5=False


C'est pas mon jour. Vraiment ce morceau martelé acoustique/électrique est sympa, mais encore une fois l'aspect propret me gonfle dans le contexte. Le redoutable (et redouté) Gerry Rafferty (oui le casse couilles de Baker Street, avec le sax atroce) sévit ici. Ceci expliquant peut être cela. Objet rare, mais qui ne doit pas vous empêcher de dormir.

Thursday's Child. I Want You Back/Hey Hey (1966).


https://www.youtube.com/watch?v=vSRctXB ... tml5=False

Classique Swinging London. De belles harmonies et l'orgue tournoyant. Mais tout s’arrête trop tôt pour vraiment vous coller au mur. Le second titre est bien dans l'esprit Aranbee, avec l'harmonica et les Yardbirds pas loin. Les vocaux sont clairement Jaggerien, par contre. Chouette chanson.

Red Squares. Don't Laugh If I Cry. (1967).

Ils ont du en passer du temps à écouter les Who. Magnifique pépite. Un album existe, qui n'a pas l'air ruineux.

The Carpetbaggers. The Flea Teacher. (1967).

J'aime moins, surtout ce gimmick idiot qui sonne comme un coucou suisse. Pas mauvais, juste mineur.


Hedgehoppers Anonymous. Daytime. (1966).

https://www.youtube.com/watch?v=vpOILiC ... tml5=False

Encore de la pop psyché. Sympa et bien construit, en dépit de l'harmonica niaiseux. Belle tentative pour emballer les choses.

Alex Harvey. The Sunday Song. (1967).

Et un vieux cheval de retour Qui sait coller à l'air du temps, et connait un tas de grosses ficelles. Les paroles sont cyniques à souhait. Guitare au vitriol, pas assez en avant. Doit encore se trouver sans trop problèmes.

Trev Gordon. You're an E-Type. (1966).

Une chanson conne, qui compare la copine du mec avec une Jaguar. Musicalement, c'est un vulgaire plagiat de For Your Love.

Greg Hunter. Five O'Clock World. (1966).

https://www.youtube.com/watch?v=6pWRj4A ... tml5=False

Dommage de se coltiner un gros nanard en guise de conclusion. Mais (crédibilité oblige) je dois être impitoyable. Le couplet fait illusion, mais tout par en couille au refrain. De la variété déguisé en freakbeat, avec des harmonies idiotes. Vous allez prendre le maximum, les gars. Voili voilou. Remarquez bien, je pourrais en rajouter deux tonnes. Le boss est en vacances à Panama (tiens donc). Sans déconner, des compilations hyper gouteuses on en a des brouettes au bureau. J'attrape au hasard, EP Choice: From the Rare Mod EP Collection . Mine de rien, nous voilà reparti pour 24 titres. A noter l'implication quasi permanente d'un nommé Graham Dee, producteur et compositeur. Garantie d'un boulot sérieux et compétent.



The Richard Kent Style. Marching Off To War/ I'm Out (1967)/You Can't Keep A Good Man Without Love (Inédit).

Un groupe de mods de Manchester, avec cinq singles à son actif. Pari gonflé, ils avaient une section de cuivres. Laquelle sonne drue, pas comme la fanfare de Moulinsart. Bon, même si c'est pas eux qui vont donner des sueurs froides à la mémoire de Stax, leur truc est très bien fait. Ils ont l'intelligence d'éviter d'en rajouter des tonnes et de se casser la gueule en beauté.

http://www.manchesterbeat.com/groups/rks/rks.php

http://www.45cat.com/record/ajx244s


Steve Marriott And The Moments. You Realy Got Me/You'll Never Get Away With Me (Inédits 1964).

Oui, ce Steve Marriott la. Dans un de ses premiers exploits de jeunesse. La reprise des Kinks est parfaite, méchante comme la vérole sur le bas clergé. Un brin basique de la guitare, mais avec le meilleur harmonica pour tenir jusqu'à Lee Brilleaux. L' autre est une chanson du dénomme Jules Styne auteur de comédies musicales bien connu (!!!!) boogie basique à la Chuck Berry de peu d’intérêt. Si ce n'est de prouver l'effarante capacité de Marriott à s'arracher les tripes dés qu'il ouvrait la bouche.


http://www.45cat.com/record/ajx210s


The Muleskinners. Back Door Man/Need Your Loving (1965)/Why Don't You Write Back To Me/Untie Me.

http://www.45cat.com/artist/the-muleskinners-uk


Pour rester dans la famille Small Faces, voici Ian Mc Lagan distillant du féroce tord boyaux. Aussi bon (largement) que les Birds. La façon de rentrer dans le lard est imparable. Colis emballé en deux minutes, qui laisse des bleus partout. Et il fallait en avoir une belle paire pour s'attaquer, sans complexes, à un classique de Howlin'Wolf.

Il existe un paquet de versions de Back Door Man, celle ci est la plus vicieuse que je connaisse, du niveau de Quicksilver quand ils arrêtaient leurs conneries opiacés. Les deux inédits sont un brin plus calmes. Le premier nettement blues-dans-un-club-enfumé-vers-trois-plombes-du-matin. Le second est une ballade country-soul (???) qui colle aux dents. Recette que les Rolling Stones reprendront à leur compte, et porteront au ciel avec des choses comme Long Long While. Grosse rareté du single original.



The Clique. Ooh Poo Pah Doo/See That My Grave Is Kept Clean/Pretty Thing (inédits) She Ain't No Good (1965).

http://www.45cat.com/artist/the-clique

La je suis perplexe. Voici un groupe «légendaire » (aie) dont les deux singles anglais sont ultra collectors. Le premier étant aussi sorti aux USA. Et excusez moi de dégotter une couille dans le potage, je suis pas franchement convaincu. Produit standard, comme tous les groupes anglais de l'époque en pondaient à la chaine. C'est le producteur des Troggs (Larry Page) qui est au volant, et il a pris des notes qui ont largement resservi, par la suite. Minimalisme bien crétin, chanteur mongolien, on peut accuser The Clique de tous les maux, mais pas d'en faire trop.

James Paterson. Silent/Donnie Elbert. This Old Heart Of Mine.The Fantastics. We Got Good Loving (inédits).

Des artistes américains, venus prendre l'air anglais. On déborde déjà sur la Northern Soul. Graham Dee à la production, et souvent Fleur De Lys comme musiciens. Splendides tous simplement. Une époque révolue et perdue à jamais. Le genre de gadgets qui couteraient une fortune, si elles étaient sortis dans le commerce.

https://www.youtube.com/watch?v=FxFnx-bgTh8


https://www.youtube.com/watch?v=76JHRX2U8_c


Maxine Silverburg. A Love I Believe In (inédit).

Pas trouvé grand chose. Une chanteuse de soul resté obscure, produite par Graham Dee. De la graine de tube ici. Dommage.

http://modspeedproduction.blogspot.fr/2 ... -star.html


Sharon Tandy. Walk From Here To Mexico (1968). Daughter Of The Sun/Roundabout/Somebody Speaks Your Name (inédits).

Mais oui LA grande Sharon Tandy. Le premier morceau a failli représenter l'Angleterre pour l'Eurovision 1968 (de la confiture aux cochons, je sais). Comment ça, vous ignorez qui est Sharon Tandy ? Je vous parle plus.

Fleur De Lys. Gotta Get Enough/Yeah I Do Love You (démos) Circles (Live 1966).

On n'est pas la pour raconter leur histoire effroyablement compliqué (sur laquelle il existe un livre). Les deux démos sont chanté par Sharon Tandy (je vous aurais à l'usure) le titre des Who est du live d'époque (son brouillon). De toute façon pour donner un reflet du vrai visage de Fleur De Lys, mieux vaut se lever tôt (ou éviter de se coucher).

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 Sujet du message: Re: Fuzzine. Les inédits.
MessagePosté: Ven 23 Juin 2017 à 08:57 
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T'es en pleine forme pour un vendredi matin :shock:


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 Sujet du message: Re: Fuzzine. Les inédits.
MessagePosté: Ven 23 Juin 2017 à 09:50 
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Les Red Squares ont en fait sorti 2 albums au Danemark.

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 Sujet du message: Re: Fuzzine. Les inédits.
MessagePosté: Ven 23 Juin 2017 à 10:01 
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Super papier :razz:
Je vais les mettre en ligne sur le blog des que les gamins seront en vacances, ce sera plus tranquille!

Au passage j'ai regarde Requiem For The Dream a defaut de prendre le temps de lire, tres beau film avec ces portraits de looser au combien attachant finalement...


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 Sujet du message: Re: Fuzzine. Les inédits.
MessagePosté: Ven 23 Juin 2017 à 11:50 
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Fuzzine. 13TH Floor Elevators. Titre « Les Pieds Nickelés Sous Acide ».



Sujet délicat aujourd'hui. Va falloir faire du biographique, bien situer les choses. Obligation de se dépatouiller avec des disques racontent (au mieux) un quart de l'histoire. Le bouquin ultime sur les Elevators et leur gigantesque carrière (1966/1969) doit faire un kilo. Dans les huit cent pages. Avec citations d'Antonin Artaud, pour rester en famille. On a connu des gens qui ont duré bien plus longtemps, rarement plus tordus/cinglés/mangés par les vers. Les aventures d'un bande de cas sociaux, lâchés dans le Texas hyper facho des années 60. Comprendre, même pour des hippies raides jusqu'aux cheveux, la crainte du jugement de Dieu. Inculqué dés la naissance. Le reste n'est que flics bornés, dope en boucle, label totalement pourri, et comportement erratique. Un peu de musique aussi (à la cruche électrique, nonobstant). Les meilleures idées à piller, n'ayant pas échappé aux collègues de chez International Artists. Qui ont fait du bon boulot (Bubble Puppy, Golden Dawn) avec la matière radioactive des 13TH Floor Elevators. Où c’était pas tous les jours dimanche. En cherchant bien, j'en ai trouvé UN dans le lot, qui possède la tête sur les épaules, John Ike Walton le premier batteur. Capable de réfléchir plus de dix minutes, pas défoncé en permanence, pensant (parfois) à l'avenir. Profitez en, il est seul dans son cas. En plus, lui a touché des royalties. Plus exactement, un chèque sans provision de $ 4,02. Tandis que, coiffant (de peu) Syd Barrett à l'arrivée, réduisant Peter Green à un être sain et équilibré, Roky Erickson a inventé le personnage du barré à l'acide, totalement barge. Irresponsable de base, au mieux imprévisible. Et génial, parfois, sans le faire exprès. Pas qu'on ait essayé de lui faciliter la vie, en tout cas. La démonologie qu'il a si souvent exprimé dans sa labyrinthique carrière solo, n'était que le rejet de sa vieille chouette de mère. Une grenouille de bénitier, ayant longtemps refusé de le faire soigner, jusqu'à le supporter avec des abcès purulents plein la bouche. Roky a fait deux séjours derrière les barreaux, pour la dope. Le premier dans un hôpital psychiatrique, d'où il a réussi à s'évader. Le second, comme pensionnaire d'une unité de haute sécurité réservé aux criminels déments .Véritable camp de concentration, où il a subi des électrochocs, et un traitement à la thorazine, sédatif à assommer un éléphant. Au milieu de ce petit enfer, il a survécu, écrivant des chansons et des bouquins. Et même monté un groupe, avec des congénères de zonzon, dont le plus timide aurait fait baver d'envie Charles Manson. Quand il est sorti de cabane (en 1972) les Elevators se réduisaient à un vestige, dans quelques mémoires aux neurones flapies. Et, naturellement, le pauvre Roky était devenu irrémédiablement cinglé. Deux choses à savoir, il a fait certifier par un avocat qu'il venait d'une autre planète. Et infoutu de se souvenir du prénom de son fils (qu'il voulait nommer Alien) il l'a longtemps appelé R2.D2. Détail amusant, le Kremlin diffusait des messages dans sa bouche. Rayon gros puant, Lelan Rogers (le manager) fait très fort. Typique de son époque, embarqué dans un bateau ingouvernable, mais rentable quelque part. Juste à secouer le cocotier, donner une aumône (parfois) et présenter la note au groupe, quand elle commence à être trop pimentée. Il y a aussi le préposé à la direction générale (???) qui écrivait les paroles, et donnait à Roky des textes si compliqués qu'il n'y pigeait généralement rien. Le timonier, donc, était Tommy Hall, genre de Tim Leary d'occasion. Ayant lu des auteurs obscurs, et grattant ses complexes culturels jusqu'au sang. Occupé à imposer sa vision du monde, et produisant les « dougougoudou » (un pot de terre amplifié, passé dans une reverb, c'est pas compliqué) caractéristiques. Pas le plus défoncé (quoique...) ressemblant étrangement à un manipulateur. Cherchant à bâtir (aie) une société « psychédélique ». Ses divagations, dés qu'il explique sa camelote, sont du valium très concentré. Possédant la réputation d'un gros dégueulasse, il est devenu clodo dans un quartier pourri de San Francisco. Pour corser un peu, rajoutons le cas tragique de Stacy Sutherland (guitare) .Déjà vaguement cintré au départ, les pilules ingurgitées au kilo l'ont rendu totalement asocial. Sa descente aux enfers a consisté en une alternance de séjours en taule, et de shoots d’héroïne. Les stups de son bled lui ayant même proposé (la honte) de fermer les yeux sur son cas, si il balançait les dealers locaux. Rendu au monde ordinaire (merci du cadeau) il a viré poivrot/violent, et sa femme l'a flingué en 1978. Donc vous mixez tout ce potage, en saupoudrant d'une bonne dose de paranoïa. Ce qui donne deux albums pas piqués des hannetons (Psychedelic Sounds Of en 1966, et EasterEverywhere en 1967). Passés en boucle, on trouve d'un coup Brian Wilson moins déplafonné, et Captain Beefheart presque civilisé. Deux accords (venus tout droit du premier Rolling Stones), l'autre marteau avec sa cruche si irritante, mangeant toute la place disponible. Et Roky Erickson qui se met d'entrée à hurler, sans prévenir. Mais alors à HURLER. Lui chante encore dans le ton, ses potes braillent franchement comme des casseroles (les redoutables 14 minutes de Don't Fall Down). Belle énergie qui fonce sans complexes) dans un rodéo en stroboscope majeur. Ce qui permet à une entreprise aussi risqué de tenir debout. C'est aussi primitif que les Seeds, mais à force d'en rajouter les Elevators marquent des buts. Pas franchement le génie de la composition, d'accord. Quelque chose du garage punk, dilué dans l'essence de térébenthine, refusant de prendre une forme ordinaire. Pas perdu pour certains groupes allemands, par exemple. Qu'importe que les musiciens soient bien moyen, l'important c'est d'y croire. Surtout avec un quasi hit (You're Gonna Miss Me, réussite qu'ils seront incapable d'égaler). Le mixage et la production sont grotesques, limite inexistants (trop cher). Les beaux éclats de la guitare manquent de relief, limités à faire (parfois) le ménage. Quand à la section rythmique elle pédale dans un registre monolithique. On se concentrera donc (c'est tout ce qu'il est donné d'avoir) sur l’espèce de message (j'allais dire de concept) que les Elevators tentent de faire passer. Et la, ils sonnent tellement déjantés qu'ils font une sacré différence. Avec leur manuel (en braille) de défonce totale et complète. Résumant (facile quand on sait) leurs dernières emmerdes avec les poulets, et leurs galères avec le monde en général. Forcés de s'exiler dans la montagne, pour répéter en paix, leur psychisme (délicat, on s 'en doute) en avait un grand coup dans le radar de direction. Débiteurs à vie de son employeur (plus d'un million de dollars de dettes) le groupe était coincé. Trop envasé pour vraiment réagir. La gestation chaotique du second album et les rodéos habituels avec les flics devenant routiniers, il tient du miracle que le résultat soit si bon. Essayez d'écouter le mixage mono, si vous pouvez. Le label a eu l'immense bonté de donner un peu plus de temps de studio, par extraordinaire. Resserrage évident des boulons, les compositions sont plus soignés, les vocaux bien meilleurs. Pour faire pédant, le fond s'accorde à la forme. Bon, il y a une nouvelle section rythmique, un poil plus compétente. Et, souvent, plus de deux accords par chanson. La cible est évidente (le cerveau) sauf que la façon d'hypnotiser l'auditeur s’avère redoutablement efficace. Voila un vrai grand album psychédélique, assez bizarre pour faire fuir les blaireaux. Mais capable de fédérer les curieux. En revendiquant clairement ses influences (Slide Machine, presque folk par moments). La guitare a enfin la parole, Stacy Sutherland gigote plutôt bien des paluches. Plus de honte à exister, une reprise superbe de Dylan La redoutable cruche est (ouf) placé moins en évidence, mais ses attaques surprennent toujours autant. Très beau disque, mort né, avec la tonne de problèmes qui allaient arriver dans les mois suivants. Tournées foireuses, multiples arrestations, on a souvent l'impression de lire les Freak Brothers. Les Elevators seront sortis de l'ombre par les premiers punks américains, et leurs albums sont aujourd'hui collectors. Sans parler du EP français. Mais ça sert à rien de se faire du mal. Cette bande de branquignols acide est une étape incontournable, dans la vie d'un auditeur sérieux. Autant que le Velvet, et avec les mêmes conséquences. Désolé, mais le rock c'est pas gratuit.

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 Sujet du message: Re: Fuzzine. Les inédits.
MessagePosté: Ven 23 Juin 2017 à 14:56 
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Inscription: Ven 17 Juil 2009 à 16:13
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Tu devrais aérer un peu tes textes, cela faciliterait la lecture.
Fais des paragraphes.
Pense aux vieux :lol:

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