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 Sujet du message: Re: Fuzzine. Les inédits.
MessagePosté: Ven 23 Juin 2017 à 16:24 
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 Sujet du message: Re: Fuzzine. Les inédits.
MessagePosté: Ven 23 Juin 2017 à 21:23 
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othall a écrit:
Tu devrais aérer un peu tes textes, cela faciliterait la lecture.
Fais des paragraphes.
Pense aux vieux :lol:


Je dirais la même chose . Pas très facile à lire .

Par contre très intéressant


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 Sujet du message: Re: Fuzzine. Les inédits.
MessagePosté: Sam 24 Juin 2017 à 11:34 
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Fuzzine. Jimmy Page Robert Plant. Titre «Retour de Waterloo».


Il avait flotté toute la journée. Tel un bison qui aurait pris une cuite à la bière. Et je venais de perdre mon job. Dans la bagnole résonnait une musique étrange. A la fois forte et résignée, comme un colosse qui vient de prendre la première raclée de sa vie. Et pense à tout ce temps gâché.

Des roustes marquantes, les rentiers Page et Plant en ont dégusté leur comptant. Le tribunal des faillites a été clair : la jeunesse insolente, le fric, le pompage sauvage et les groupies haut de gamme ont un prix. Celui d'un oubli progressif. Atroce punition, quand votre ancien groupe a volé si prés du soleil.

Walking Into Clarksdale (1998) ne raconte pas autre chose. Exil amer de deux majestés, partis par la fenêtre sans demander leur reste. Alors que les vandales envahissaient le palais, dévastaient le harem, avant de vider la cave. Pour mémoire, Clarksdale est cette ville du Mississippi, où Robert Johnson aurait signé son pacte avec le diable. Sur la pochette, deux gamins aux ailes d'ange. A l'intérieur, une paire de vieux, genre cadres moyens, flanqués des jeunots de la rythmique. Façon serre livres. Alors, c'est une catastrophe globale ou un désastre totale, le disque ? Une immense réussite, Monsieur. Dépouillé de tout ce qui faisait le charme bluesy de Led Zep. Pas fous les anciens, quand la santé s'en va pas la peine de se prétendre encore avec la gaule intacte. Reste l'intelligence froide de Jimmy Page. Son sens mélodique bizarre. Alchimie unique et fascinante, exclusivité totale du bonhomme. Qui vous grave trois notes dans le cerveau, comme si elles étaient des milliers. Cette façon tordue de parler (d’abord) à l'inconscient.


Comme disait (à l'époque) la chronique du Record Collector «tous ces trucs pas destinés à fonctionner, et qui marchent quand même». Rien que pour les guitares (souvent proches des Byrds) l'album est une réussite totale. Robert Plant a aussi bien donné (son gamin et son pote Bonzo) à la cause du grand dirigeable. Et sa voix en porte de sacrés stigmates. Basse et limitée, elle se frotte désormais à un univers où la conviction prime d'entrée. Fini les greluches à emballer par camions, et à larguer sitôt utilisés. A la place, nous voilà avec un type qui surveille sa tension. Et rumine sur sa nouvelle vie. Il est question de train cafardeux, du monde qui fut à conquérir, et d'enfance inaccessible. Vous savez quoi ? On marche totalement. Si Plant entre dans la pièce, le premier réflexe est de lui faire du café. Qu'il puisse nous raconter pourquoi toute cette tristesse.


Malgré les références du couple Page-Plant, il est douteux que Walking Into Clarksdale puisse plaire à la clientèle hardos de base. La force du disque ne repose jamais sur les coups de massue, agissant plutôt sur la transmission d' ondes cérébrales. Immense masse minérale, polie comme un miroir, hyper cohérente et articulé, d'une grande et discrète beauté. Si on devait (absolument) donner une vue des choses, ce serait les moments les plus abscons du passé de ces messieurs. Ces instants des albums trois, cinq et six ou la pesanteur, elle même, semblait se dissoudre dans l'ozone ambiante. Et accoucher d'une forme accusant dix ans d'avance technologique.

Cuisine opiacée, concoctée par un sorcier du son moderne (Steve Albini) ayant parfaitement compris son job. Tout l'album va ainsi, et les écoutes successives sont bien incapables de déceler la moindre faiblesse. On notera l'enchainement des morceaux (grand don Pagien) et la construction en pyramide gothique du tout. Donjon digne de Lovercraft, où brille le fils de Kashmir qu'est Most High. Ravageur de neurones, avec sa mélopée orientaliste. L'ultime morceau (Sons Of Freedom) est ironiquement le plus roots du lot. Sorte de rockabilly (le riff est piqué à Motorhead) post atomique, ou Gene Vincent joue au bilboquet avec du méthane solide.

Pour résumer, Walking Into Clarksdale porte son age avec classe. S'apparentant à ce qu'aurait pu être Presence, sans le rideau de gnôle et de dope qui tapissait le fond. Et évitant surtout de se pisser sur les pieds, comme tous ces albums solos des Rolling Stones ou des Who. Un pari toujours risqué. Et un sacré brelan, à l'arrivée.

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 Sujet du message: Re: Fuzzine. Les inédits.
MessagePosté: Sam 24 Juin 2017 à 11:51 
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Tiens, je l’ai ce disque, en CD !!! Faut que je le réécoute (la lecture du billet (re)donne envie) !

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 Sujet du message: Re: Fuzzine. Les inédits.
MessagePosté: Dim 25 Juin 2017 à 11:26 
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Fuzzine. Leo Ferré. Titre « Il n'y a toujours plus rien ».

Et oui, au bout de sept ans Fuzzine parle de chanson française. C'est pas un cadeau. D'ailleurs on fait ce qu'on veut, notre absence de style n'étant pas forcément génératrice de vide intellectuel. Dans le grand placard des coups de pied au cul, ma main tire un nom au hasard.

Léo Ferré ricane du fond de sa tombe, sa musique sert à vendre des sardines. Un peu comme si vous donniez des diamants à un cochon. On trouve beaucoup plus de gorets que de perles dans les huitres.

L'après midi traitreusement à remplir. La vie c'est faire des zigzags entre les merdes de chien.

Sur les départementales de l'esprit, les pandores idéologiques dressent des contredanses. Des prunes à régler de suite, pendant que des enfants de garces se font bombarder chef des petits chefs. Les grands chefs sont au dernier étage, loin des remugles et des borborygmes du quotidien. On ne le voit jamais, mais savent tout de nous.

Dans l'aube des tas d'ordures, on aperçoit des curés atteint de priapisme. Adossés à un appareil juridiques complexe, volontiers illisible. Pour qui n'est pas initié. Éliminez la religion, déjà ça ira mieux.

Où est tu, Nadège ? Au pays maudit de la métastase, et du crabe insidieux. Tu te souviens, quand on fumait des blondes, entre quatre murs étroits. Les murs ça se repousse, incite à devenir maçon. T'est parti, la grande. Sans prendre la peine de dire adieu. Pressé d'aller voir ailleurs. J'aurais logiquement du avoir mal. Mais si on faisait toujours les choses bien, on finirait par s'emmerder.

Il y a une logique à l'ennui, comme une fil conducteur, tissé par une araignée besogneuse. Une sorte de sécurité. Un justificatif à la lâcheté ordinaire. Pouvoir présenter un permis de se dégonfler est un luxe non taxé. Que le ministère des affectives finances passe profit et pertes. Pendant que ça centrise, à l'horizon. Et que les isoloirs prennent salement la poussière. Toutes ces connes qui oublient de rappeler.

Faire du Ferré par la souffrance. Surtout pas pas le talent. Jeune pucelle, tu possèdes un sacré capital. Ton petit cul te vaudra de la promotion. Si tu veux le vendre, à un vieux dégueulasse, qui bande uniquement pour le pouvoir. T'auras du pognon, mais ta minette sentira moins bon.

Je raconte ma vie, tout le monde s'en fout.

Comme de mon oncle Christophe, mort seul, héros inconnu. Pour la gloire d'un nabot corse. J'ai dit « nabot corse » pas Sarkozy. Et arrêtez son inaudible girafe, avant qu'elle recommence à chanter.

.Je crèverais sans avoir de famille. Ce qui m'aura épargné ces horribles repas du dimanche, où plus faux jeton tu peux chercher. Je suis baptisé, j'ai fait deux communions, et alors ? C'est juste une constatation, Monsieur le Commissaire du Peuple. Véritable Danton contemporain.

Faites ce que je dis. Et merde. Zéro pour la courbe d'audience.

Et une Bretonne et un Vosgien, et puis moi. Qui ait mal au ventre, souvent. Rendez nous la libre parole. Qu'on cesse de s'essuyer le derche, avant de parler. Qu'on gueule enfin, ailleurs que dans un vide sous titrée, et plein de bonne éducation.


Le Froid Des Matins d'Été, mon atroce bouquin commis en 1990, sur papier bien intentionné. Mieux que rien. Toujours ce morceau de rien, qui tache la présentation. Comme un troquet borgne, tenu par des Thénardier diplômés.

Ma tante bigote, je te pisse au bénitier.

Et ma voisine, Madame Duchiffon. Ou Madame Dutoutou. Avec vos sales bobines, puant le catéchisme et le dentier mal arrimé.

J'existe, putain. Vous avez besoin de preuves, encore. La biologie sociale, ça vous démange Pendant que la télé poubelle claque du couvercle. Rassurez vous, j'ai fini ma logorrhée. Et rien n'a changé. Pardon de vous avoir dérangé, froissé votre auguste vue. Tu peux dormir Ferré, ils sont toujours aussi cons les français.

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 Sujet du message: Re: Fuzzine. Les inédits.
MessagePosté: Dim 25 Juin 2017 à 11:44 
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Fuzzine. Tudor Lodge/Plamp/Shape Of The Rain/Gygafo/Fuchsia/Lagger Blues Machine. Titre «L'avocat du diable».

Ce coup ci c'est décidé, je range mon atroce bordel de repiques.

Depuis le temps, c'est plus des bacs mais un tas mal identifié prenant gravement la poussière. Avec peut-être des trésors enfouis et oubliés dans le fond. Le décrochage mémoriel n'étant jamais loin, nous musicophages devons sans cesse procéder à ce genre de rappels en catastrophe. C'est le défaut de notre cuirasse de cas sociaux.

Alors nous voilà pas fauchés, avec le sextet «progressif» (quatre britons, un belge et un suisse) que j'ai mis de coté. Dont les neurones qui me restent (peu) ont surtout gardé de l'ennui. Intéressant donc de se refaire une session honteuse. Fouiner dans les tripes de la bête progressive, façon naturaliste lâché dans un Gévaudan de formol et de formica. Trouver beaucoup de vacuité, un vrai morceau d'ambre précieux, et du surprenant.

Imaginer à quoi ressemblerait le monde, si le pub rock et le punk anglais étaient restés à l'état de grande idée.

Si les gros nuls de Greenslade n'avaient pas fini tondus, sous les crachats et la vindicte populaire. Bref, les dossiers de l'épuration se rouvrent. Et ça barde.

Sur qu'avec l'album de Fuchsia (1971) aucun risque de se prendre un pogo dans les gencives. Où alors en réaction, par dépit et énervement. Vendu par les spécialistes éminents (aie) comme du «folk rock ambitieux», l'objet est difficile à aborder, au mieux. Au pire, prétentieux. Mais pas sans qualités, entre deux appréciations extrêmes. Pour, de belles parties de guitares complexes et véloces. Les vocaux, également sont chouettes, parfaitement en place. Contre, l’absence criante de structures définies et solides. Énervante tendance à esquisser quelque chose, et à foncer dans le brouillard sans s'occuper de l'auditeur. Bien en peine de s'accrocher aux arrangements, pour y voir clair. C'est en effet à une section de cordes (tendance eau de rose) que revient le job de lier la sauce. Croyez moi, on s'englue vite dans une mélasse infinie, sans saveur particulière.

Dommage pour ce qu'on devine buvable, et qui morfle sans pitié. Fuchsia apparaît comme un dinosaure, fossile d'une époque si lointaine. Donnant aux gens modernes des arguments, pour tout mettre dans un sac estampillé baba-cool-lamentable. Pas question de cautionner la mafia des branchés-féroces-mais-moins-que-demain, scotchés à leurs gadgets numériques. Force, tout de même, de comprendre pourquoi les gamins contemporains de Fuchsia ont préféré plébisciter Black Sabbath ou Mountain. L'oreillette me signale une forte ressemblance avec les Libertines. Manquait plus que ça à ce loser de Pete Doherty.

Bonne chance pour parler de Shape Of The Rain (de Sheffield) avec le fantôme de Joe Strummer. Leur Riley,Riley,Wood and Wagett est, probablement, le genre de galettes qui (en 1971) faisait atrocement gerber le leader en devenir des Clash. Impression gênante de subir le fond de stock d'une FM US, pas spécialement versé dans le décibel qui tue. Question rock musclé, j'abonde dans ce sens. Ils savent pas faire, croient qu'un vague tempo galopant est suffisant pour s'imposer. Perdu, dans leur cas c'est un coté nunuche (totalement risible) qui ressort cruellement. Pas de couilles chez ces gars la. Disent bonjour et merci. Craignent de se salir à la crasse des riffs. Jouent au dur avec un balai dans le fion. Du coup on entend uniquement la confiture. Par contre, dés qu'ils arrêtent d'en rajouter (pas souvent) une vieille influence west coast surgit. L'auditeur (brièvement) sous le charme apprécie alors de bien belles harmonies. Sacré maitrise des chansons lentes, c'est pas si facile.

Sur qu'ils ont beaucoup écouté les Byrds, à ce niveau. Et puis, tagada, tout repart dans le décor, l'immonde odeur de naphtaline revient, implacable. A utiliser avec précaution, en consultant la notice «exposition prolongée dangereuse». S'inquiéter en cas d'addiction patente.

Je préfère encore Gygafo (de Leeds) tiens. Leur Legend Of The Kingfisher (enregistré en 1973, seulement sorti vingt ans plus tard) est une collection rafraichissante de chansons futées. Appréciable d'entrée est le format court, pas à se farcir d'ignobles tartines sans fin. Sans compter qu ils savent composer, évitant de se réfugier d'entrée dans les clichés périmés, quoi. Seul le dernier morceau craint vraiment, puant du fion comme Genesis, boursouflé et gras. Sinon, écriture intelligente, aisance mélodique, maitrise globale du sujet, tout passe relativement bien. Manque juste un doigt de virtuosité rythmique pour avoir du massif.

Avec le client suivant, Sid Vicious (crétin de référence) sortait le cran d’arrêt dans l'instant. C'est qu'il aurait planté les membres de Tudor Lodge, sans prévenir. Voila donc ce qui se faisait à Reading, en 1970. Mélanger le folk et la musique médiévale, avec une aisance à réconcilier les fans des Ramones et ceux de Poco. Assumer son statut de surdoué, jusqu'au bout. D'où un voyage de fou, qui doit absolument raconter à tout le monde qu'un autre monde existe. Quitte à finir au cabanon de maboules du coin de la rue. Il fallait le dire, maintenant tout le monde est content.

Écoutant sa merveille dans le respect de l'autre. Rien que pour les harmonies à trois voix, le sourdingue moyen vendrait son âme. Communion céleste, angélique bataille. Reconsidération totale de l'expression «savoir chanter». Pompeux et chiant ? Qui a dit ça ? Faut pas garder le coton tige dans les oreilles, mon gars. Sinon tu vas rater l’enchevêtrement délicat de guitare sèche et de cuivres, l'alliage impossible de l'or et du plomb. Celui qui ignore avec superbe les semelles en bois, façon Renaissance. Préférant courir sur les nuages, que dans la glaise et l'amidon.

Tudor Lodge ne fera rien (mais alors RIEN) pour votre crédibilité. Rangez le cuir, allongé on est mieux, surtout avec les rideaux tirés. C'est limite effrayant, tant de talent pour trois personnes. Récompense d'une vie à chercher du sens à son appareil auditif. Sur qu'en déroulant leur ADN, on trouverait des pétales de rose. Ou du lilas. Pourtant, le rédacteur se pensait blindé. Croyait en avoir encaissé du tueur sensitif. C'était sans compter sur Tudor Lodge, et sa science chamanique de sacrificateur émotionnel. C'est bon de pleurer, parfois.

Dans ces conditions les Suisses de Plamp (album Und Uberhaut de 1978) font pale figure. On ose dire qu'ils sont chocolat ? Ou que leur compte (UBS) est bon ? Oui, mais sans méchanceté, ils sont probablement gentils et affables. Reposant largement sur la compétence instrumentale (en gros, ils ont chacun six mains) voici typiquement le produit d'une époque engloutie. Avec un pieu dans le cœur pour le chanteur. Pardon «le vocaliste». Qu'on traiterait bien de dindon, si on n'avait pas décidé de garder notre calme.

Tout autour, ça joue avec beaucoup de talent, en démultipliant les thèmes complexes à l'infini. Sans jamais perdre le fil ou s'égarer, il faut le noter. Le clavier fait une passe à la flute, et la guitare a déjà enchainé. Remarquables aussi les arrangements de violoncelle, amenant un inattendu coté Pavlov's Dogs. Paisiblement, on repère des influences (Zappa ou Wishbone Ash) suffisamment efficaces pour intéresser une oreille rétive et (forcément) méfiante. Totalement gâché par les vocaux (dommage) un chouette puzzle à éclaircir, pas ridicule du tout devant les gros bras de sa catégorie. Et (un sacré bon point pour eux) préservé de l'horrible puanteur des immondes Saga ou Rush. On hésitera quand même à se l'infuser en rotation massive.

Comme pour le Tanit (1970) des belges de Lagger Blues Machine. Eux aussi (soupir de résignation) chantent comme des gamelles. Leur truc étant (apparemment) plus la création d'une sorte de climat baroque et torturé. cherchant ses racines dans le classique et le contemporain. Bon, c'est prétentieux mais pas totalement vomitif. Voire même accrocheur. Pour peu que l'auditeur rentre dans le jeu, et puisse suivre les multiples variations et revirements de direction. Bien moins souple et délié que Plamp, Lagger Blues Machine a le tort de, trop souvent, donner la parole à une grosse guitare bluesy. Le résultat s'apparente alors à une sorte de bâtard ELP/Black Sabbath. Sensation des plus incongrues. Avant de foncer à nouveau, vers plus d'espace torturé et ouvert à bien des vents. A tester, avant d'adopter.

Un pogo géant offert à tout courageux qui absorbe les sept d'une seule traite.

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 Sujet du message: Re: Fuzzine. Les inédits.
MessagePosté: Mer 28 Juin 2017 à 11:27 
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Fuzzine. Serge Gainsbourg. Titre « Qui c'est Benjamin Biolay ? ».


D'abord, il y a l'inoubliable tronche de cette grande courge de Whitney Houston.

Outragé (tu parles) par un « I Want To Fuck You » bien gras et velu. Comme si Bérurier avait baissé son froc, devant une communiante. Avec en prime, l'air faux jeton de Drucker. Le tout sur fond de Gainsbarre se marrant comme un bossu.

Ou Catherine Ringer manquant de se prendre une paire de tartes, par un vieux philosophe sentencieux, ratiocinant dans sa barbe sur l'art de bien tailler les pipes. C'est, en général, à ce moment précis que ma grand mère éteignait la télé. Pas facile, même dans les années 80, d'être fana de Serge Gainsbourg. Le coup du billet de 50 sacs, cramé en direct sur TF1, avait aussi, largement contribué à sa réputation. De camé/arsouille/crasseux/pornographe patenté/pédophile impénitent/sale youpin/ il passait à gaspilleur outrancier, en un temps où les salaires avoisinaient les 4000 balles mensuels.

Et sa magnifique biture, un samedi soir chez Michel Polac, confinait au sublime, tant il était obliquement rond. Serré de prés par l'équipe de Charlie Hebdo, sérieusement entamé aussi. Ce qui valait, à tout prendre, mieux que son redoutable personnage de zombie, assoiffé de gamines à sodomiser, chialant en évoquant ses gosses. Tout juste bon pour Ardisson. Un pas en avant, trois en arrière.

Comme ses disques, une fois passé l'age d'or des années 60. Qui le vit (entre autres exploits forcenés) placer une histoire de sucettes, dans la bouche (vertueuse) de France Gall. Bref, pour bien cerner Sergio (qui s'en taperait royalement, si il était encore de ce monde), un petit exercice de comparaison entre deux de ses méfaits.

L'un infréquentable, l'autre surhumain. Honneur aux grand éclopé, Rock Around The Bunker (1975) n'a (à part quelques sublimes versifications en scatologie majeure) RIEN pour lui. L'humour ici déployé (visant à crépir les nazis de bouse bien fraiche) ferait gerber à la fois Céline et Robert Ménard. +

Le problème c'est que rendu dans ces sphères du quinzième degré, on perçoit mal le clin d'œil. Sentant le pet froid, la bite au cirage et la gueule de bois rance. Pas qu'on aille prendre Gainsbourg pour un facho, évitons d'être gratuitement con. Mais à force de slalomer entre des bornes dangereuses (la blague de routier, le piège à ancien de l'OAS, la svastika prout prout bidet) pour éviter les moralisateurs jaunâtres, on s'emmerde ferme. Surtout sur fond de blues rock crasseux et poussif, qu'on croirait échappé d'une poubelle de Status Quo.

Avec des choristes tout juste potables (et encore) pour Petula Clark, en 1965. Et pour bien prouver comme tout ceci lui casse les bonbons, Gainsbourg exhorte ses tacherons (« et allez l'orchestre ») avec un ton las. Un peu comme Lou Reed, dans Rock And Roll Animal. En guise de Steve Hunter/Dick Wagner, on a un triste pro, récitant sa leçon de solfège. Bref, c'est catastrophique, et indigne.

Il refera le même coup avec Mauvaise Nouvelle des Étoiles, des années plus tard. En prenant garde d'inclure une dimension Nietzschéenne/misanthrope/ultra érudit. Apte à redorer son (bien abimé) blason d 'homme de culture. Feignant doué, certes, qui dérape vite une fois passé les quinze premiers pastagas.



Un genre qu'Alain Bashung érigera en fond de commerce, bien mieux tenu et décapant. J'ignore si il a eu honte (pas son genre, du moins pas en public) mais L'homme à tête de chou (1976) affiche une telle classe qu'on en reste baba. Comment avec une telle consommation de gnôle et de clopes, ayant survécu à un infarctus, peut-on sortir un truc (je parle d du disque, pas de sa b...) aussi vigoureux, soigné, parfait, inaltérable, à épuiser les substantifs.

L'histoire est toujours la même, un brave type se fait mettre le grappin dessus par une garce, surchauffé du cul. Il la tronche dans les tous les sens, mais c'est encore trop peu. Alors elle s'envoie tout ce qui passe. Et lui, pauvre con, se retrouve, cocu, fauché. Avant de fracasser le citron de la petite pouffiasse, et de finir à l'asile. Coté musique, il s'est ressourcé à l'école progressive, avec un beau son ample. Et de magnifiques dialogues guitare/clavier. Pas une trace de bâclage, de ces pets de lapins que n'importe qui (surtout lui) refourgue en milieu de face deux. Attendez, il y a les textes. La, il s'est vraiment fait un deuxième trou à l'anus. C'est écrit, mais alors....un sens de la césure, une effroyable aisance de dandy décavé.

Recette absolument impossible à copier, qui fait passer les pires obscénités pour de la poésie contemporaine. Apte à être enseigné dés la sixième (Najat en tombe dans les pommes).


Au lieu de quoi, notre homme est vite retombé dans ses pires travers. Vampirisant (avec sa patte à lui, certes) son époque (le reggae et puis le funk). Mais jouant son personnage, au lieu de faire parler sa supériorité. Hors les tubes jetables (Sea Sex And Sun) il a aussi beaucoup donné dans le sur mesure (Deneuve, Adjani). Hésitant la encore entre le potable (Dieu est un fumeur de havanes) et l'abominable (Pull Marine). Ah si, il a aussi écrit la seule chanson valable de Bijou (Betty Jane Rose).

Un journal de l'époque avait noté les textes des chanteurs français. Gainsbarre avait ramassé un 17/20, tandis que Jean Louis Aubert (ce cataplasme) repartait avec 5 et une mention médiocre. Voila, c'est un peu triste, mais c'est comme ça. Ah si, vous croyez avoir touché le fond du trou (je pouvais pas l'éviter) cinématographique avec Je t'aime Moi Non Plus, alors essayez de voir le méconnu Stan The Flasher. Pire ? Ma pauvre dame si c'était seulement pire...Et pour avoir (enfin) osé dire à Guy Béart (cette tache de foutre) de fermer sa gueule, un seul mot : merci.


https://www.youtube.com/watch?v=JN33M4j6aWI

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 Sujet du message: Re: Fuzzine. Les inédits.
MessagePosté: Mer 28 Juin 2017 à 11:58 
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Merci :cool:


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 Sujet du message: Re: Fuzzine. Les inédits.
MessagePosté: Jeu 29 Juin 2017 à 08:23 
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Ça répond pas à la question ! C'est qui Benjamin Biolay ? :???:


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 Sujet du message: Re: Fuzzine. Les inédits.
MessagePosté: Jeu 29 Juin 2017 à 08:39 
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:lol: Pourtant elle semble clair :mrgreen:


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